MAQUIS BAD ?

 

Un des succès de la Semaine sportive de la Bad – et non des moindres – aura été l’instauration géniale, l’espace d’une semaine, d’un « maquis » abidjanais au sein même de l’honorable Institution.

 

Il fallait voir la joyeuse cohue des badoises et des badoises s’arrachant autour des tables poulets braisés, alloco, ablo, ndolé, poisson braisé, atiéké et autres sauces feuilles…Il ne manquait que l’agouti et son cousin ailé akpani pour parachever le bonheur des nostalgiques palais des membres du personnel, sportifs et non sportifs confondus, longtemps sevrés pour la plupart des brûlants délices de la gastronomie africaine des bords de la Lagune ébrié.

 

Ainsi au maquis ATR  j’ai vu ce vendredi, de mes yeux vu, une accorte experte en infrastructures serrant fébrilement dans ses mains l’attaché-case professionnel et la tête de poisson braisé du jour, bataillant sans complexe pour se faire servir l’accompagnement atiéké de rigueur, avec tous les quesquia quesquia dans la sauce idoine. La voyant aussi déterminée à la tête du peloton féminin, un collègue yorouba s’offusque en me disant : « Mais que font toutes ces femmes ici ? Ce n’est pas l’homme africain qui va chercher la nourriture, ou bien ?»

 

Une collègue peulh du Sénégal m’interpelle : « Ce n’est donc pas le seul  Ngalakh qui te fait vibrer alors ? » Le ngalakh, bouillie de mil au lait et à la pâte d’arachide grillée, est en effet au peulh ce que le Tiébou Djeunne est au wolof ! Je n’ai pas pu lui répondre, à ma courte honte, occupé que j’étais à assurer la portion congrue d’alloco…pour les enfants, commode alibi. Je lui aurai sinon rétorqué, sur un air de rap à la Youssou ndour : «  Atiéké du ngalakh, waayé dèèss na ko mbalakh ! » : l’atiéké n’est certes pas du ngalakh, mais il fait aussi danser le mbalakh !!!

 

C’est dire le succès fulgurant de ce Maquis Bad improvisé à la faveur de la Semaine sportive du Conseil du personnel. C’est pourquoi j’interpelle ici et maintenant, haut et fort, à la fois le Conseil du Personnel, la Haute Direction de la Bad et les Autorités tunisiennes pour leur dire : « A quand un vrai Maquis Bad dûment autorisé à Tunis, pour le bonheur retrouvé des gourmets de la Lagune ébrié, éminents experts par ailleurs du développement économique et social du continent africain ?

Remerciements á El Hadj Mbengue pour cette contribution.

 

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Dernière modification : 05 February 2014